David Giguère
Hisser Haut
Pas trop pire comme entrée sur la place publique pour David Giguère : un rôle significatif dans l’un des succès de l’année au box office québécois, Starbuck (le gars qui chante à la toute fin, c’est lui), et un premier album sorti sur Audiogram, étiquette de Daniel, Ariane, Marc, Karkwa, Loco et cie. Ç’a l’air justement qu’Ariane l’a pris sous son aile, ce qui laissait présager un album intéressant. Hisser Haut s’inscrit dans la mouvance pop un brin électro du moment, un peu à la manière de l’album de Marie-Pierre Arthur. Ce qui étonne d’emblée, c’est la maturité de l’ensemble. Un premier album, vraiment? Ça promet drôlement pour la suite.

D’autres sorties d’intérêt au cours de cette mince semaine :

Nada Surf
The Stars Are Indifferent to Astronomy
Dès le premier extrait, « Clear Eye Clouded Mind », on croirait entendre du Foo Fighters. Puis les choses se replacent tranquillement et, pas de doutes, on a bel et bien affaire à du Nada Surf, enfant chéri de la college radio américaine depuis 15 ans. Comme à chaque album, ne vous attendez pas à une révolution. Simplement une jolie sélection de chansons pop indie qui vous collent aux tympans pour une bonne semaine.
Lamb of God
Resolution
On dit de Lamb of God qu’il est l’un des pionniers du mouvement groove metal. J’écoute les extraits et j’essaye encore de m’expliquer le terme, mais bon. Le fait est que Lamb of God déçoit rarement et Resolution semble aussi bien torché que les 3 ou 4 autres albums que j’ai déjà entendus du quintet de la Virginie. Cool de voir des artistes qui ne font toujours pas de compromis après plus de 15 ans d’existence.
Expo ’70
Journey Through Astral Projection
Allez sur le site d’Expo ’70 et vous verrez que la section « Discographie » compte plus d’une trentaine de titres en moins de 10 ans!! C’est qu’Expo ’70 (ou Justin Wright) fait de la musique improvisée psychédélico-ambiante. Ça donne des albums composés de longues pièces tripatives (instrumentales) axées sur les claviers. Comme toute musique improvisée, c’est aussi inégal. Perso, je préfère les impros plus riches d’Oresund Space Collective.

Kolia naît dans les camps sibériens dans la Russie de Staline, en 1937. Il grandit dans la famine, le froid et l’absence d’amour. Premier coup de chance : il fait la connaissance de Iossif, Suisse d’origine, qui lui apprendra à lire, à rêver, à espérer. Iossif disparaît mystérieusement mais survivra dans les pensées et le coeur de Kolia alors que celui-ci se fraye un chemin jusqu’à Moscou où il se donnera en spectacle en tant que clown et magicien jusqu’à sa mort en 1995.

J’avais besoin d’une cassure après avoir passé 900 pages sur l’Amérique de Stephen King et j’ai été bien servi avec ce premier roman de la Québécoise Perrine Leblanc.

Mme Leblanc ne l’a pas jouée facile. Situer l’action en Russie sur une période de 60 ans en tenant compte des nombreux bouleversements que le pays a connus suscite l’admiration. Je n’ai eu aucune difficulté à me transposer dans l’univers de Kolia, ce qui est d’autant plus impressionnant considérant le fait que l’auteure n’a jamais mis les pieds en Russie. Saluons aussi la qualité de la prose : élégante, aussi froide que poétique, étonnamment maîtrisée pour une auteure d’à peine 31 ans.

Malheureusement, le récit ne m’a pas aussi séduit que l’enrobage. Le parcours de Kolia n’est pas des plus passionnants et le récit baigne dans une atmosphère lourde et dépressive dont on ne se libère qu’après le dernier point. Remarquez, je n’avais pas nécessairement besoin de rebondissements à l’emporte-pièce mais simplement d’éléments qui m’auraient rendu les protagonistes plus attachants. J’ai plutôt traversé L’homme blanc avec un certain détachement.

Malgré cela, je vais surveiller Perrine Leblanc de près. L’homme blanc s’est déjà mérité quelques prix et cette auteure a un talent fou. 31 ans!!!

Playlist de la semaine


Trailer Trash Tracys
Ester
On jurerait entendre du vieux stock de l’étiquette 4AD, notamment Cocteau Twins et This Mortal Coil. Je ne m’en suis jamais guéri, j’adore les voix féminine ultra-echo, la pop rêveuse à l’anglaise (le groupe vient de Londres), la froideur qui se dégage de l’ensemble. Rien de nouveau sous le soleil mais c’est ultra-efficace pour quiconque le genre n’insupporte. Moi j’embarque dans le bandwagon des TTT, même si ça sent le passage en coup de vent.

D’autres sorties d’intérêt au cours des dernières semaines :

Snow Patrol
Fallen Empires
Ouf. Snow patrol a du succès mais se fait généralement varloper par la critique et les basheux professionnels qui ne supportent pas l’idée d’avoir plus d’un Coldplay sur la planète. Moi j’aime bien Snow Patrol. Ça se digère très bien sans risquer le reflux gastrique. On pourra par contre leur reprocher de faire du surplace et cette critique ne s’estompera pas avec Fallen Empires.
Ani DiFranco
Which Side Are You On?
La musique d’Ani DiFranco m’indiffère totalement mais j’admire l’artiste, l’influence qu’elle exerce sur un paquet d’artistes et son engagement social. Alors voici pour vous, chers fans, son premier album en trois ans, ce qui devrait constituer un record de délinquance pour Mme DiFranco.
The Maccabees
Given To the Wild
J’avoue, je viens de découvrir l’existence des Maccabees grâce à Nicolas Houle. La musique semble osciller entre pop et pop indé mais pour se faire une idée plus complète de leur musique, je vous conseille de lire le billet de Nicolas.
Kathleen Edwards
Voyageur
J’ai découvert Kathleen Edwards par hasard l’an dernier en sirotant un latte dans un café. La jolie pièce « Goodnight California » de l’album Asking For Flowers jouait dans les haut-parleurs et j’ai été tout de suite charmé. La pop de Voyageur s’avère moins country que celle de l’album précédent. C’est un peu trop easy-listening à mon goût mais ça fait la job en tant que musique d’ambiance. Fans de Bon Iver, vous savez sans doute que votre dieu a produit l’album.
The Big Pink
Future This
Tiens, on parlait de 4AD tantôt. The Big Pink est certainement l’un des artistes les plus populaires du label depuis le buzz généré par la sortie d’A Brief History of Love en 2009. Je n’ai pas encore entendu celui-ci mais personnellement le premier album ne m’a pas excité outre mesure. À vous de voir si cette pop électro aux accents eighties fittera avantageusement dans votre walkman Sony auto-reverse jaune.
Alcest
Les voyages de l’âme
Alcest est-il métal? Alcest est-il shoegaze? Alcest est-il dreampop? Alcest est un peu de tout cela à la fois. Même si l’enrobage fantasy-gnangnan et les titres prétentieux tels que « Là où naissent les couleurs nouvelles » et « Nous sommes l’émeraude » peuvent rebuter d’entrée de jeu, faut reconnaître que ça sonne pro et puissant. Un autre bon album d’Alcest.

Un 2e Marie Laberge en plus ou moins un mois, mon quota devrait être atteint pour un moment. Je doute faire partie tant que ça de son public cible, même si sa plume me plaît assez bien.

Après un Sans rien ni personne qui ne m’avait pas impressionnée, j’ai préféré Revenir de loin (son plus récent) qui se situe beaucoup plus dans la zone de confort de l’auteure. Elle délaisse l’univers du polar mais le mystère reste présent, il plane sur le passé de Yolande, personnage au coeur de Revenir de loin.

Le roman débute alors que Yolande sort lentement d’un coma, suite à un accident de voiture causé par son mari. Elle est consciente de ce qui l’entoure, mais tarde à reprendre contact avec le réel. Elle tente en vain de récupérer ses souvenirs et le peu qu’elle découvre ne lui donne pas envie de se réveiller totalement. Son mari lui répugne, sa fille l’ennuie, elle est mal à l’aise avec ce qui semblait être sa vie avant l’accident. Il en sera ainsi pour le tiers du livre, une mise en contexte qui s’étire un peu trop. Lorsqu’elle revient à elle, partiellement amnésique, elle décide de reprendre le contrôle de sa vie. Au fil des pages, on apprend et on comprend pourquoi elle en est arrivée là.

On suit le cheminement de Yolande un peu comme une enquête. Des bribes de souvenirs se manifestent ça et là et finissent par s’assembler. Un poème, une photo, tout est susceptible de rappeler des moments importants qui lui permettront enfin de comprendre son passé. Malgré des longueurs, l’omni-présence de la poésie qui alourdit le récit et quelques personnages aux traits parfois trop caricaturaux, on s’intéresse à ce passé trouble et intrigant. On veut savoir. On a hâte que tous les fils s’attachent enfin, ce qui finit par arriver dans les toutes dernières pages.

Revenir de loin est aussi une réflexion sur la mémoire qu’on ne veut pas perdre. C’est ce qui est le plus troublant.

Est-ce le fait d’entendre parler de blogues à la radio (Plus on est de fous, plus on lit!) qui m’inspire à bloguer sur la télé? Avec l’avénement des séances de télé en groupe sur Twitter et cie, on a comme l’impression que tout a été dit par tout le monde et son père, dès que le générique de fin commence à défiler après une émission. Malgré tout, j’ai soudainement envie d’être vieux jeu et, même si je n’ai pas encore regardées toutes les nouveautés qui nous ont sauté dessus avec l’arrivée de 2012, voici un bref survol de ce qui fera surchauffer notre enregistreur dans les prochains mois.

D’abord les « déjà regardées » :

  • RBO 3.0 (SRC) : Pour les souvenirs, les rires (encore plus que je l’aurais cru), l’audace.
  • Soins intensifs (Télé-Québec) : Une genre de télé-réalité d’hôpital animée par Claire Lamarche (!), dans laquelle on observe un département par semaine. Pas exactement vendeur quand c’est dit comme ça, mais c’est très efficace sans être racoleur.

Les « pas vues encore » :

  • Apparences (SRC) : Serge Boucher, Aveux, Francis Leclerc. Tout est dit.
  • Trauma (SRC) : N’avais pas accroché à la saison 1, avais passé outre la 2, mais une envie folle de suivre la 3! Les images, la réalisation, l’intensité dans les pubs. Fille influençable qui s’assume. On verra bien.
  • Star Académie (TVA) : Je n’ai rien à dire pour ma défense, juste que j’ai hâte que ça recommence!

Deux mentions importantes mais qui n’entrent dans aucune des catégories ci-dessus :

  • Le gala des Golden Globes, ce dimanche à NBC : Ricky Gervais is back à l’animation et semble encore plus dangereux que l’an passé. J’en salive déjà!
  • Bazzo.TV : Croyez-vous ça? La diffusion du dessin animé Les 12 Travaux d’Astérix pendant Ciné-Cadeau, a obtenue la meilleure cote d’écoute de Télé-Québec cet automne. C’est ÉPOUVANTABLE! Bazzo.TV, dont le visionnement devrait être obligatoire pour tout citoyen en âge de voter, mérite que vous l’ajoutiez à votre horaire télé de la semaine drette maintenant! Premier épisode de 2012, ce jeudi à 21h.

Oui, j’aime Bazzo ET Star Académie. Je vis très bien avec ça!