Vues sur l'actualité et la scène culturelle
De Québec, du Québec et d'ailleurs.
Oscars 2010 : MES meilleurs films
Non mais tu parles d’une décision beigne de mettre 10 films en nomination. Je n’y vois aucun intérêt, hormis celui pécunier de donner une seconde vie commerciale à des films maintenant offerts en DVD. En tout cas, ce n’est certainement pas en raison d’un trop plein de qualité (re: The Blind Side comme meilleur film).
Donc en attendant nos twits en direct du salon pour la cérémonie de ce soir, voici quelques impressions sur les titres en nomination pour l’Oscar du meilleur film après visionnement de 90% de la sélection.
Avatar
L’un des favoris, à mon grand dam. On a fait grand état des coûts de production exorbitants mais le risque était foutrement calculé. Trop. Malgré ses grandes qualités visuelles et techniques, Avatar ne mérite pas même une nomination dans la catégorie du meilleur film.
The Blind Side
Petit feelgood movie sympathique qui appuie un peu trop sur le bon-sentimentalisme. Des drames sportifs de ce genre, Hollywood en chie 3 ou 4 par année. Étant amateur de football, je suis un sucker pour ce genre de film mais The Blind Side ne sort pas de l’ordinaire. Sandra Bullock? Elle n’est ni pire ni meilleure que dans Miss Congeniality. Pourquoi lui donnerait-on l’Oscar cette fois-ci?
District 9
Une bonne idée et un bon film dans l’ensemble. J’ai trippé sur la première partie mais trouvé que ça devenait plus conventionnel par la suite. Ça demeure quand même captivant du début à la fin. Dommage que les allergiques à la science-fiction aient passé outre.
An Education
Voilà un feelgood movie dans le bon sens du terme : intelligent et rafraîchissant. Le romancier Nick Hornby en est le scénariste, ça devrait vous donner une bonne idée du ton et de la facture. Carey Mulligan est délectable dans le rôle principal. Et je suis tombé amoureux de Rosamund Pike. Quelle beauté!
The Hurt Locker
Excellent film de guerre doublé d’un thriller très efficace. Les acteurs sont fantastiques, particulièrement Jeremy Renner en désamorceur de bombe complètement gaga. Il a mon vote dans la catégorie du meilleur acteur.
Inglourious Basterds
Le voilà , mon Oscar du meilleur film. Je ne suis pas nécessairement un inconditionnel de Tarantino (Jackie Brown et Kill Bill : bof) mais dans ce cas-ci, wow. J’en aurais gobé un deux heures de plus. Et peut-on régler ça tout de suite et donner l’Oscar du second rôle à Christoph Waltz? Il est géant dans ce film.
Precious: Based on the Novel ‘Push’ by Sapphire
Pas vu.
A Serious Man
Ce n’est pas le meilleur film des frères Coen mais les standards sont extrêmement élevés dans leur cas. J’ai quand même pris mon pied à suivre les aventures de M. Gopnik dans ce film plutôt austère. Heureux de voir que l’Académie ne l’a pas oublié.
Up
J’aime tout ce que fait Pixar. Up m’a particulièrement surpris par son sujet plus adulte que les autres productions du studio. Ç’a donné un film touchant qui devrait gagner sans problème l’Oscar du meilleur film d’animation. Meilleur film tout court? Non.
Up in the Air
Moins “indie” dans l’âme que Juno (film précédent de Jason Reitman), Up in the Air demeure quand même un très bon film où drame et comédie font bon ménage. Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus dense mais j’ai quand même passé un bon moment.
Donc, après écrémage, mes 5 nominés sont :
- An Education
- The Hurt Locker
- Inglourious Basterds
- A Serious Man
- Up in the Air
Bons Oscars!!
Oscars 2010 - And the winner is… Twitter
On a commencé ça en 2006, la première année du blogue. En 5 billets, on avait blogué la cérémonie des Oscars. C’était l’époque où Scorsese n’avait encore jamais mis la main sur la moindre statuette, alors que le fameux groupe de hip hop Three 6 Mafia, s’était mérité la sienne…
En 2007, c’est en 10 billets que s’est déclinée notre soirée. Dodo presque à 12h30 pour “enfin” voir Scorsese mettre la main sur le précieux trophée, remporté pour la réalisation de The Departed. Émotion au cube, en découvrant les Lucas, Spielberg et Coppola venir en faire l’annonce.
Même cadence en 2008, 10 billets publiés et cérémonie plutôt sage qui se termine avant les 12 coups de minuit. Le bonheur de voir Juno l’emporter pour le scénario original et le No country for old men des Coen battre There will be blood au final.
L’an passé? Pas mal le même rythme que les années précédentes. On aime ce gala animé avec brio par Hugh Jackman, même si Slumdog a gagné pas mal trop de prix à notre goût.
Et en 2010? Pas de billets. Comme on l’a fait lors des Golden Globe, on se met en mode 2.0 et c’est sur Twitter que ça va se passer. Si je me fie aux autres expériences télévisuelles interactives des derniers temps, le fun risque de pogner dans la cabane. Comme en plus on a choisi Steve Martin et Alec Baldwin à l’animation, on a ben ben hâte! Joignez-vous à nous, vous savez bien que plus on est de fous…
Nouveautés musicales - 2 mars 2010

Vulgaires Machins
Requiem pour les sourds
J’écoute présentement “Le mythe de la démocratie”, 2e chanson du nouveau Vulgaires Machins et j’ai l’impression que l’été se pointe quatre mois avant le temps cette année. Je sens que je vais avoir du fun à découvrir ce Requiem pour les sourds. Le pop-punk des Vulgaires me semble un peu plus rentre-dedans que Compter les corps (le précédent), ce qui devrait achever la baraque en show. À ce propos, je suggère un party sous les étoiles au Parc de la francophonie lors du prochain Festival d’été. Epicure, tu passes le message?
Les autres nouveautés de la semaine :
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Clogs The Creatures In The Garden Of Lady Walton Clogs innove (encore) cette année. Après quatre excellents albums instrumentaux, le groupe a décidé d’ajouter des voix sur sa musique folk/néo-classique. Nuls autres que Shara Worden (My Brightest Diamond), Sufjan Stevens et deux membres de The National (dont un 3e est aussi membre permanent de Clogs) y ont mis leur grain de sel. Si vous avez le goût de pousser la mélomanie un cran plus loin, Clogs est vraiment à découvrir. |
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Groove Armada Black Light Sixième album en 13 ans pour le duo anglais. Leur musique downtempo me semble un peu moins pertinente qu’à leur début mais ils ont ajouté une touche synth-pop très années 80 pour épicer leurs arrangements. Perso ça me laisse plutôt froid à l’écoute des extraits. |
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Moby iTunes Live From Montreal Ne vous attendez pas à vous branler le booty sur ce live enregistré au Apple Store de Montréal. Moby a délaissé momentanément ses beats pour y aller de versions très smooth d’une dizaine de ses chansons. Exercice intéressant, mais je préfère Moby faisant du Moby. |
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Portugal. The Man American Ghetto Nom plutôt étrange, non? Ce groupe américain fait de l’indé influencé par un paquet de styles, dont le soul et le rock psychédélique. Quoi qu’il en soit, c’est toujours très catchy. En plus de cet album, vous jetterez une oreille à The Satanic Satanist, sorti l’an dernier. |
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Radio Radio Belmundo Regal L’album est disponible depuis la semaine dernière en téléchargement sur iTunes et sort “physiquement” aujourd’hui. J’ai dû lire ou entendre 10 critiques de cet album depuis une semaine et ça trippe très fort. J’hésite encore… Le rap c’est vraiment pas mon truc habituellement mais celui de Radio Radio semble vraiment original. |
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These New Puritans Hidden Êtes-vous prêts pour le rock cérébral de These New Puritans? Ce deuxième album du quatuor anglais fait le bonheur des critiques (un spectaculaire 86% sur Metacritic entre autres) mais s’écoute difficilement en faisant la vaisselle. Personnellement j’applaudis l’originalité de l’approche mais je ne suis pas sûr d’avoir le goût d’entendre Hidden très souvent. Allez prêter l’oreille pour faire une idée. |
Wilco à L’Impérial de Québec
J’avais manqué ma chance en 2006, lorsque Wilco s’est produit au Pigeonnier (ma scène préférée) dans le cadre du Festival d’été. Ce soir-là , c’est Burp qui s’était payé la traite. Retour du balancier, à cause d’un dos récalcitrant qui l’a obligé à déclarer forfait, c’est en solo que je me suis rendue à L’Impérial hier soir pour mon baptême de Wilco “en live”.
J’aime Wilco depuis un bout, sauf que je ne suis pas pas une fan finie. À l’ère d’iTunes et du iPod, ne manipulant plus les pochettes de CD, je peine à retenir les titres des chansons et je mélange ceux des albums. Comme Wilco a décidé de nous garocher dans les oreilles plus d’une vingtaine de chansons, dont au moins 5 juste pour le rappel, vous m’excuserez de ne pas vous faire la liste de tous les hits, mélangés aux pièces plus obscures, qu’on a eu le bonheur d’entendre vendredi soir. Jeff Tweedy (vêtu d’un kit à carreaux que n’aurait pas renié Mario Duquette), sa gang et leur panoplie de guitares, se sont payé un méchant trip de musiciens. Ce qui est bien avec eux, c’est qu’on passe d’un folk country quasi JohnnyCashien pour ensuite enchaîner tout naturellement avec une pièce rock aux guitares pesantes digne d’un Jack White aux doigts en feu. Pas une seconde ils ne m’ont fait décrocher, même si je n’étais pas familière avec l’ensemble de ce riche répertoire.
Oui, Jeff Tweedy a dit qu’on était la meilleure “audience”, oui il nous a fait chanter en choeur (Jesus, Etc.), sauf qu’on n’avait nullement l’impression d’assister à un show formaté, copié/collé sur celui de la veille. Un maudit bon show comme on aimerait en avoir plus régulièrement à Québec où, trop souvent, le rock classico-nostalgique règne.
Un mot sur la sympathique première partie, Bahamas, un duo ontarien voix/guitare et batterie dont j’ignorais l’existance encore une heure avant le spectacle. Un agréable folk rock sans prétention qui fait taper du pied. Mention au leader de la formation qui, pendant toutes ses interventions, a fait l’effort de s’adresser à la foule en français.
Vivement avril pour 2 autres intéressantes virées à L’Impérial, le 1er pour We Are Wolf avec Wolf Parade et le 12 pour le retour de Metric!
Nouveautés musicales - 23 février 2010

Shearwater
The Golden Archipelago
D’abord un projet extra curriculaire de deux membres d’Okkervil River, Shearwater a connu une belle évolution depuis 2001 pour atteindre à mon avis son apogée avec ce Golden Archipelago.
J’ai dû l’écouter 6 ou 7 fois depuis sa sortie hier; je l’écoute encore présentement et j’adore. C’est épique, sensible, mélancolique, et surtout très fin. Le rock de Shearwater s’écoute avec les oreilles bien collées sur la matière grise. Si vous aimez les atmosphères que créait Talk Talk en fin de parcours ou Peter Gabriel dans ses moments les plus inspirés, vous devriez accrocher fort sur ce très bel album. Et si c’est le cas, sautez aussi sur le précédent, Rook, qui est au moins aussi bon.
Les autres nouveautés de la semaine :
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Balmorhea Constellations Vous êtes tannés de me lire sur les groupes d’Austin au Texas? J’avais délibérément omis de mentionner que Shearwater est de ce coin… de même que Balmorhea. Vraiment! Fou raide, n’est-ce pas? Balmorhea donne surtout dans le post-rock tranquille, à la sauce néo-classique. C’est parfois bon, parfois bof. |
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Butch Walker I Liked It Better When You Had No Heart Butch est de l’espèce des jobbeux du rock. Il en est à son 5e album, semble jouir d’un certain succès d’estime mais vous savez, les succès d’estime… En fait, j’écoute les extraits et je suis toujours bien assis sur ma chaise. Je passerai outre, si vous le permettez. |
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Eluvium Similes Là aussi, 5e album de l’alias du multi-instrumentiste Matthew Cooper. Eluvium fait généralement dans l’ambiant très sous-marin mais je remarque dans les extraits que M. Cooper a décidé d’ajouter sa (discrète) voix au mix. Ça donne un effet bizarre à première écoute mais faudra creuser car Eluvium fait généralement de très bons albums. |
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Johnny Cash American VI : Ain’t No Grave il y a déjà 16 ans, le premier volet des American Recordings, produit par Rick Rubin, a revitalisé l’image vieillissante du vieux countryman. Les volumes subséquents se sont toutefois assombris en même temps que la santé de Cash déclinait. Ça devenait presque indécent (mais fascinant) à écouter : dans le volume 5 j’avais l’impression que le chanteur avait enregistré ses chansons juste avant de pousser son dernier souffle. Le volume 6 est tiré des sessions d’enregistrement du volume 5. |
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Joanna Newsom Have One On Me Devandra Banhart, Iron & Wine, M. Ward, Bon Iver… faudrait définitivement ajouter Mme Newsom dans la liste des nouvelles sensations de la musique folk. La harpiste d’à peine 28 ans avait étonné il y a 3 ans avec Ys, un album de 5 pièces totalisant 77 minutes. Have One On Me en totalise 120. Un album triple! Un conseil : écoutez avant d’acheter. La musique de J. Newsom est plutôt unique et peut ne pas vous convenir. Moi je suis sous le charme depuis Ys. |
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Sambassadeur European Là c’est pas mal plus léger. Sambassadeur est une formation suédoise surtout inspirée de la pop britannique (je pense entre autres à Belle & Sebastian). C’est pas transcendant, mais ça passe quand même très bien un jour de ménage. |
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Shout Out Louds Work Décidément… les SOL viennent de la Suède eux aussi. Et encore là , on parle d’une musique rock indé légère qui évoque les Rosebuds et leurs mélodies craquantes. Fait du bien de terminer une liste d’albums très denses avec deux trucs plus ensoleillés! |
Shutter Island - Le livre

Comme je suis plus du type “lire avant, voir après”, j’avais bien l’intention de me taper Shutter Island de Dennis Lehane, avant de me lancer dans sa version grand écran adaptée par Martin Scorsese (rien de moins). La première étape est maintenant complétée, c’est ce matin que j’ai littéralement dévoré les quelques 100 dernières pages qui me restaient pour finir ce thriller assez efficace merci.
On a beaucoup parlé du film ces derniers temps, voici toutefois un petit résumé de l’histoire pour ceux qui ne savent pas encore ce que ça raconte. 1954, l’enquêteur Teddy Daniels et son nouveau partenaire Chuck, débarquent sur Shutter Island, île sur laquelle loge un hôpital psychiatrique pour criminels dangereux. Motif : enquêter sur la mystérieuse disparition d’une patiente. Sur place, l’attitude du personnel et les soupçons qui pèsent sur leurs méthodes douteuses, mènent Teddy Daniels à pousser plus loin son investigation.
En dire plus ne ferait que diminuer le plaisir de la lecture. Comme il le faisait (et très bien d’ailleurs) dans Mystic River, Lehane gratte les bibittes cachées dans le cerveau de son personnage principal. L’auteur expose graduellement les zones d’ombres de Daniels, son passé qui en viendra à influencer le cours de l’enquête. Même à l’écrit, on ressent l’ambiance film noir. Tout est dépeint avec doigté; l’époque, les premiers balbutiements de la psychiatrie moderne, le climat sinistre qui règne sur cette île. C’est glauque et troublant. On réussit presque à entendre les cris des patients/prisonniers qui se perdent à travers la tempête qui se déchaîne.
Reste maintenant à constater si Scorsese, DiCaprio, Ruffalo et Kingsley seront à la hauteur des mots de Lehane.
Barbe-Bleue et la maison dans la forêt s’est allumée
L’an dernier la troupe toute féminine, Les Écornifleuses, se lançait avec succès dans l’adaptation de Cinq filles avec la même robe, texte de M. Six Feet Under, Alan Ball. Cette année, elles ont troqué les robes à froufrous pour un univers digne d’un film d’horeur, une histoire très librement inspirée de la légende de Barbe-Bleue.
Pas moins de 11 comédiens sur scène, pour ce récit qui commence presque comme un digne successeur des Friday the 13th et autres Freddy. Une gang d’amis qui se loue une maison pendant une semaine, sur une île qu’ils croient d’abord déserte. La comparaison s’arrête là , car on ne se retrouve pas du tout dans ce genre de scénario convenu où tous les membres du groupe meurent dans des circonstances douteuses, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul survivant. Non, on ne joue pas dans ces eaux-là . Pendant les presque 2 heures que dure la pièce, le public a plutôt droit aux témoignages de ces gens qui ont vécu un drame sur cette île maudite sur laquelle hurlent les coyotes. On alterne entre leurs échanges parfois rigolos et des moments troublants qui font monter le niveau de stress, le leur comme le nôtre. Graduellement on nous raconte ce qui s’est passé, quel est (quels sont?) le(s) drame(s) qui les hante(nt).
J’esquive consciemment les détails, pour éviter de vendre des punchs qui risquent d’émousser le plaisir de la découverte des différents degrés de cette pièce. Le texte d’Edith Patenaude, l’une des Écornifleuses qu’on retrouve aussi sur scène, nous tient en haleine et réussit à flirter en douceur avec l’humour et le drame. Malgré un soir de première, les dialogues sortaient de la bouche des comédiens comme s’ils disaient leurs propres mots, racontaient une histoire qu’ils avaient réellement vécue. Chapeau, surtout qu’ils évoluent pendant toute la pièce dans un environnement assez déconcertant, la scène étant recouverte de terre sur laquelle ils marchent, s’assoient, se couchent…
Un bémol, qui n’a cependant pas altéré mon plaisir, l’intrigue aurait bénéficié d’un peu plus de clarté. La fin de l’histoire me semble légèrement précipité et certaines subtilités du récit m’ont échappées. Je suis sortie de la salle vaguement confuse et une bonne âme a dû éclairer ma lanterne avec quelques précisions. Allez voir la pièce, on s’en reparlera! C’est à l’affiche à Premier Acte jusqu’au 6 mars.
Nouveautés musicales - 16 février 2010

Peter Gabriel
Scratch My Back
En 2009, Dumas a sorti autant d’albums que Peter Gabriel dans ses 28 dernières années de carrière solo. Par conséquent, chaque parution de cet artiste unique (Gabriel, pas Dumas - désolé Steve) est scrutée, étudiée, disséquée, critiquée à l’extrême. Heureusement, Peter Gabriel n’a pas l’habitude de sortir de la selle.
Scratch My Back se situe un peu à gauche des sept autres albums. Il s’agit d’un projet d’échange de reprises avec une douzaine d’artistes actuels (et un peu moins) qui se démarquent du lot par leur innnovation et la qualité de leur oeuvre. L’entente? Gabriel reprend une pièce de chaque artiste sur Scratch My Back, alors que les mêmes artistes reprendront chacun prochainement une pièce de l’ex-Genesis sur un album intitulé I’ll Scratch Yours.
Scratch My Back est plutôt déstabilisant. Gabriel a opté pour une orchestration classique (claviers et cordes) afin de mettre toute l’emphase sur la mélodie et les paroles des chansons. Ça donne un album très doux, très introspectif, presque murmuré. J’ai pour ma part beaucoup apprécié même si quelquefois je m’ennuyais de la version originale (My Body Is A Cage d’Arcade Fire est assez ennuyeuse, de même que “Flume” de Bon Iver, endormante au possible) mais dans l’ensemble, on a droit à de très belles versions. Je pense entre autres à “Listening Wind” des Talking Heads avec ses cordes qui rappellent Steve Reich, “Mirrorball” d’Elbow, qui m’a immédiatement donné le goût de réécouter San Jacinto et la cinématographique “Après moi” de Regina Spektor.
Qu’on aime ou pas, saluons l’originalité de l’initiative. Déjà , je salive à l’idée de découvrir ce que feront les Bowie, Radiohead, Neil Young, Arcade Fire et compagnie en guise de renvoi d’ascenseur.
Les autres nouveautés de la semaine :
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Aidan Baker Liminoid / Lifeforms Si vous connaissez Nadja vous connaissez Aidan Baker puisqu’il en constitue la moitié des membres. Dans ses moments avec lui-même, il compose des trucs aussi ambiant que Nadja, mais moins apocalyptique. Ce disque est composé de deux longues pièces, dont la première (”Liminoid”) est divisée en quatre mouvements totalisant près de 38 minutes et la seconde en un seul morceau de 29 minutes. Je suis un fan f-i-n-i de Nadja et de M. Baker, donc demandez-moi si j’ai aimé… |
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Jay Malinowski Bright Lights and Bruises Parlant d’album solo… Je vous présente le chanteur de Bedouin Soundclash, formation alt-reggae de Toronto. Jay Malinowski semble faire dans la folk-pop avec ses trucs personnels, s’éloignant assez significativement de sa job de jour. Ç’a l’air pas mauvais du tout. |
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Moon Duo Escape Je sais, ce n’est qu’un EP de quatre titres, mais je m’en voudrais de passer à côté de ce projet d’Erik Johnson des Wooden Shjips. Escape est une petite bombe de rock psychédélique à découvrir si vous cherchez quelque chose de cru et sophistiqué à la fois. À quand un album complet? |
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Mumford & Sons Sigh No More Ce premier album du quartet londonien obtient un bon succès en Angleterre depuis sa sortie là -bas en octobre dernier. On reconnaît dans leur indie-folk une couleur trad qui devrait attirer l’attention par ici. Moi je boffe mais il y a sûrement des adeptes parmi vous. |
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Robert Pollard We All Got Out of the Army Incroyable, ce gars-là . En plus d’avoir enregistré une bonne quinzaine d’albums avec son groupe légendaire Guided By Voicies, Pollard sort cette année son 14e album solo. Wikipédia mentionne qu’il aurait composé plus de 1200 chansons. Pardon??? |
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Tindersticks Falling Down A Mountain J’ai ben de la difficulté à ne pas aimer tout nouveau stock des Tindersticks. Leur musique sombre me fait un peu penser à celle de Nick Cave, alors vous comprenez pourquoi j’aime. À noter : au Canada l’album sort sous Constellation, le label montréalais qui nous a fait connaître Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt. Zion et Carla Bozulich, entre autres. |
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The Unwinding Hours The Unwinding Hours Si vous trouve que ça ressemble à du Aereogramme, ben c’est parce qu’il s’agit du nouveau projet de deux anciens membres du très bon - et défunt - groupe écossais. Si l’alterno-post-prog-rock d’Aereogramme vous manque, vous serez heureux de constater que The Unwinding Hours joue dans les mêmes eaux. Je me trompe ou si ça commence à sonner daté un ti-peu? |
Nouveautés musicales - 9 février 2010

Massive Attack
Heligoland
Il y a 10 ans la sortie d’un nouveau Massive Attack aurait créé une véritable commotion chez les mélomanes. Aujourd’hui? On assiste plutôt à des débats sur sa pertinence. Ridicule. Moi, j’accueille un nouveau Massive Attack comme j’accueille un nouveau Peter Gabriel ou un nouveau Daniel Bélanger : à bras ouvert et le sourire fendu jusque là . Car on ne sait jamais quand - ou si - le prochain va sortir.
Bien sûr, mes attentes ne sont pas les mêmes qu’il y a 10 ans. Je ne m’attends plus à ce que Messieurs 3D et Daddy G révolutionnent la musique avec un chef-d’oeuvre à la Blue Lines ou Mezzanine. J’espère simplement que les gars vont poursuivre leur travail de production chirurgicale à travers des collaborations aussi heureuses qu’inattendues.
Je regarde la playlist d’Heligoland et j’aime bien ce que je vois : Tunde Adebimpe (TV on the Radio), Martina Topley-Bird, le vieux pote Horace Andy, Guy Garvey (Elbow), Hope Sandoval (Mazzy Star) et Damon Albarn (Blur, Gorillaz) se succèdent au micro. Et après deux écoutes complètes, j’aime aussi beaucoup ce que j’entends. Effectivement ça ne réinvente rien mais ça demeure de l’électro foutrement bien travaillé, du genre qu’on prend plaisir à décortiquer au fil des écoutes. Du bon stock de mélomane, quoi.
Les autres nouveautés de la semaine :
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Pantha du Prince Black Noise Techno minimaliste, IDM, microhouse… Ç’a l’air que Pantha du Prince fait de tout ça. Anyway, j’ai beaucoup aimé This Bliss il y a deux ans et celui-ci semble être fait du même moule. Trop identique? On verra. Si vous aimez votre musique dansante mais subtile, essayez PdP. |
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Sade Soldier of Love Premier album en 10 ans pour la belle Nigérienne. Dix ans! On a eu droit à un avant-goût en décembre dernier avec l’excellente pièce-titre qui laissait entrevoir quelque chose de plus aventureux. Espérons-le, mais en ce qui me concerne je serai déjà très heureux de renouer avec Sade, peu importe ce qu’elle me propose. |
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Xiu Xiu Dear God, I Hate Myself Si vous ne connaissez pas Xiu Xiu, vous serez peut-être étonné d’apprendre que Dear God, I Hate Myself est le 7e album de cette formation pop expérimentale californienne. Surtout ne me demandez pas à quoi ça ressemble. Disons qu’on est loin de Coldplay et Lady Gaga. |
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Yeasayer Odd Blood Le dernier Yeasayer, qui fait jaser tout plein la presse musicale indé, risque de devenir une des belles découvertes de ce début d’année. Ces newyorkais proposent un drôle de mélange électro-pop-psychédélique-world beat qui sonne frais aux oreilles. J’sais pas pourquoi je pense à Animal Collective à l’écoute mais ça peut quand même vous donner une petite idée du style. |
Freedom

Le darknet, cet environnement de réalité augmentée mis en place à travers Internet par le savant fou Matthew Sobol, poursuit son oeuvre silencieuse de destruction de l’ordre mondial actuel et du pouvoir corporatif tout en poussant la population à reconsidérer les modèles établis et adopter de nouvelles façons de faire en matière d’économie et de gestion des ressources.
Les organismes gouvernementaux de sécurité ne savent pas par où l’attaquer. Des mercenaires indépendants s’y appliquent peu subtilement de leur côté. Pendant ce temps, le détective Pete Sebeck se retrouve en plein coeur du darknet alors qu’il se voit confié une quête de la plus haute importance par Sobol lui-même…
Si vous n’avez pas compris grand chose jusqu’à maintenant, c’est que vous n’avez probablement pas lu l’excellent Daemon, le livre de Daniel Suarez paru il y a deux ans à compte d’auteur mais qui n’a pas tardé à attirer l’attention d’un éditeur vu son originalité et son suspense haletant. J’avais vraiment adoré ce livre qui, pour une rare fois, mettait Internet en scène d’une façon singulière et repoussait les limites du techno-thriller jusqu’aux frontières de la science-fiction pure.
Freedom est donc la suite de Daemon. Le livre reprend l’action immédiatement là où Daemon l’avait laissée, ce qui demande d’entrée de jeu un joyeux effort de mémoire. Disons que Suarez poursuit son trip de geek pas mal plus à fond dans ce livre. Les références à l’univers des jeux vidéos sont nombreuses et parfois assez pointues pour mélanger les non-initiés. L’auteur a, comme pour le premier livre, fait ses devoirs en matière de nouvelles technologies et invite même le lecteur à vérifier les faits sur son site.
Ça donne une lecture enrichissante, très songée, mais moins divertissante que Daemon qui se prenait un peu moins au sérieux. On a surtout affaire ici à un roman de science-fiction / anticipation qui met beaucoup d’emphase sur les enjeux sociologiques qu’implique une révolution de cet ordre. Je me souviens avoir dévoré Daemon en trois jours alors que Freedom m’a demandé deux semaines, ce qui peut vous donner une idée de mon expérience de lecture.
Reste qu’il est très difficile de ne pas lire Freedom si vous avez lu Daemon. Et, je vous le dis tout de suite, l’auteur met la table dans le dernier chapitre pour un troisième volet…
























