Marcus Goldman n’a que 30 ans et il est déjà considéré comme l’un des écrivains les plus doués qui existent. Son premier roman a fait de lui un homme riche et célèbre. Mais croulant sous la pression du fameux « second roman », il contacte son mentor Harry Quebert pour profiter de ses précieux conseils. Quebert l’invite à fuir les distractions de New York pour passer quelques jours à sa maison au New Hampshire. Goldman ne se doute pas que son mentor est sur le point de se retrouver au centre d’un méga-scandale qui changera sa réputation et sa vie.

Ce roman de Joël Dicker, considéré pour le Goncourt 2012, est d’une machiavélique efficacité. L’auteur nous trimballe à travers plusieurs intrigues parallèles entourant le meurtre mystérieux d’une jeune fille et j’ai pour ma part mordu à l’hameçon pour chacune d’elles avec un plaisir constant.

Même si le lecteur est constamment engagé dans de fausses pistes, et malgré les rares maladresses de Dicker lorsqu’il s’aventure dans l’humour, l’auteur réussit à maintenir l’intérêt pendant 700 pages grâce à un récit construit de main de maître.

La vérité sur l’Affaire Harry Quebert termine en beauté ce marathon de 100 livres en 100 semaines. En passant, je vous invite à vous donner cette discipline. L’exercice m’a permis de faire connaissance avec plusieurs nouveaux auteurs et, même si ce fut parfois fastidieux, j’en retire une énorme satisfaction.

Émotion! Ceci est le #99 de ce périple de 100 livres en 100 semaines et donc mon dernier billet de ce marathon. Ouf!

Finissons en grand avec un livre qui combine job et passion : les médias sociaux.

Les médias sociaux en entreprises – Les comprendre, les utiliser et en tirer profit, est un livre à 6 mains, signé par Guillaume Brunet, Martin Lessard et Marie-Claude Ducas. Guillaume Brunet, de Substance stratégie, je le côtoie à l’Observatoire des médias sociaux en relations publiques de l’université Laval, Martin Lessard, entre autres blogueur pour Triplex, je l’ai déjà croisé dans une autre vie pendant notre baccalauréat en communication à l’UQAM, et Marie-Claude Ducas, journaliste et blogueuse, je la connais par ses écrits et j’ai toujours bien aimé ses propos sur les médias, qu’ils soient « sociaux » ou non.

Ici, pas de novices en la matière qui profitent de l’engouement pour les médias sociaux pour sortir un livre sur le sujet. Eh non! Les médias sociaux en entreprise est un bouquin passionnant, bourré d’exemples, qui donne l’heure juste et qui fait le tour de ce que ça implique, pour une entreprise, d’être présent sur les Facebook et autres Twitter de ce monde.

En quelques 150 pages bien tassées (c’est d’ailleurs le seul point faible de ce livre, la densité de sa mise en page), LMSEE se divise en deux parties qui font le tour des 6 étapes essentielles quand on envisage une présence sur les médias sociaux : Comprendre, Se questionner, Écouter, Agir, Entretenir et Évaluer.

Des choses sur les médias sociaux, il s’en dit et s’en écrit des tonnes. Du contenu de référence, pertinent, bien documenté, en français et à la sauce québécoise en plus, c’est plutôt rare. Ce livre a confirmé certaines de mes pratiques, a apporté un éclairage intéressant sur des aspects que je maîtrise moins et m’a aussi appris des choses que j’ignorais.

J’ai bien aimé le fait que l’on insiste plus sur le côté stratégie que sur les outils utilisés. Comprendre les médias sociaux, ça va bien au-delà de savoir comment ouvrir une page Facebook.

Définitivement à lire pour quiconque travaille dans le domaine.

 

Cloé est une jeune femme séduisante et intelligente, mais aussi arrogante, condescendante et un brin paranoïaque. Elle se sent d’ailleurs constamment épiée par un homme au visage voilé par un foulard et un capuchon, dont la présence se fait de plus en plus menaçante. Cette « ombre » n’est-elle pour Cloé que le fruit de sa paranoïa ou bien est-ce le début de sa fin?

Son seul espoir : Alexandre Gomez, un flic explosif qui cache tant bien que mal sa souffrance suite à la mort de sa femme Sophie après une longue agonie.

Comme vous le voyez, Juste une ombre est davantage un thriller psychologique qu’un polar car son auteure Karine Giebel prend amplement le temps de camper ses personnages avant de s’attarder à l’action. C’est selon moi ce qui élève ce roman au-dessus de la moyenne. L’intrigue est également bien ficelée puisque la plupart des questions demeurent entières jusqu’aux 50 dernières pages.

Il s’agit de ma première rencontre avec Karine Giebel, que je ne connaissais que de réputation. Elle est une habituée des prix littéraires spécialisés dans le roman policier. Juste une ombre a d’ailleurs gagné le prestigieux prix Polar Cognac 2012. Amplement mérité, à mon avis.

Après une histoire de pirates pour mon #95, pourquoi pas une histoire de cowboys pour mon #97?

Aussi incongru que cela puisse paraître, autant le Griffintown de Marie-Hélène Poitras est urbain et actuel, autant il transpire le western à la Leone.

Étonnant mais ce roman m’a plu pour les mêmes raisons pour lesquelles j’étais réticente à le lire. Une histoire de cowboys? Issshhhhh….. Pourtant.

Ce qui aurait pu n’être qu’un polar urbain dans l’univers des cochers montréalais, devient un récit qu’on croirait planté quelque part au Far-West avec les bons, la belle et les méchants. Question de ton, de rythme, Marie-Hélène Poitras réussit à bien doser pour éviter de tomber dans le banal exercice de style. On se laisse prendre au jeu dans cette atmosphère atypique qui règne sur Griffintown.

L’histoire en tant que telle en devient presque accessoire, ce sont les personnages plus grands que nature qui prennent toute la place. Les personnages oui, mais aussi les chevaux. Ces magnifiques bêtes qu’elle doit sûrement aimer d’amour pour les décrire avec tant de justesse et de respect, tout comme elle l’avait déjà fait dans son recueil de nouvelles La mort de Mignonne et autres histoires.

J’aurais parfois aimé qu’elle passe plus vite sur certains passages mais, en quelques 200 pages, rien pour nous faire trop décrocher. Intéressant!

Juste de même, il ne me reste qu’un seul livre pour compléter ce marathon de 100 livres en 100 semaines! Ouf!

 

Julia Wertz raconte dans Whiskey & New-York son aventure Newyorkaise après avoir passé la majeure partie de sa vie à San Francisco. Elle nous décrit ses appartements crades, ses jobs poches et ses relations qui pourraient fort bien inspirer Kevin Smith pour son prochain Clerks. Elle parle de son père absent, de son frère junkie et de sa propre faiblesse vs l’alcool (d’où le titre).

Au début, Julia Wertz m’apparaissait comme une authentique loser et ça m’agaçait. Son journal de bord ne montrait en apparence qu’une fille semblant se complaire dans sa petite vie misérable au milieu d’une ville que j’adore. Puis elle a fini par m’avoir à petites doses d’absurdités et de remarques sympathiques sur son quotidien et son entourage. L’humour noir/trash de Julia Wertz est tout à fait délicieux et est adouci par un dessin simple et naïf.

Whiskey & New-York est assûrément l’un de mes coups de coeur bédéistique des derniers mois. Merci (encore une fois) aux experts chez Phylactère pour l’excellente suggestion!