Vues sur l'actualité et la scène culturelle

De Québec, du Québec et d'ailleurs.

Epicure Acide Sulfurique

Acide Sulfurique

J’en ai déjà parlé ici, les meilleurs Amélie sont ceux où elle se raconte elle-même. Acide Sulfurique confirme lui aussi cette règle. Ce n’est pas un mauvais livre au contraire, mais reste que je continue de préférer ceux qui sont dans la première catégorie.

Cette fois-ci elle a décidé de s’attaquer d’une façon assez caustique au phénomène de la télé-réalité. On est loin de Star Académie, elle traite le sujet à la sauce Amélie Nothomb. On se retrouve à une époque non-identifié où l’on kidnappe des gens et les emprisonne dans un camp plein de caméras cachés. De façon plutôt aléatoire on les divise 2 catégories : les gardiens et les prisonniers, ces derniers étant contraints aux travaux forcés, nourris au pain rassis et à l’eau, et surtout potentiellement disqualifiés selon le bon vouloir des gardiens. Le titre de l’émission donne un bon indice sur ce qui les attend, «Concentration»…

Elle n’épargne personne, dénonce la quête aux cotes d’écoute, les médias, et surtout les spectateurs. D’actualité, cet aspect du livre m’a plu et on y retrouve plusieurs vérités soulignées à gros traits. Là où elle m’a un peu ennuyé toutefois, c’est avec une enième relation trouble entre ses 2 protagonistes féminines. Vite comme ça, ça fait minimum le 4è livre d’Amélie Nothomb où on a droit au personnage d’une fille follement en amour qui se meurt d’admiration pour une autre, mais cette dernière s’en contrefiche complètement. «Amélie, c’est clair que t’as un problème à régler avec ça, il serait plus que temps que tu t’en occupes, ça presse.»

Excellente suggestion de cadeau pour Isabelle Maréchal ou les fans de Loft Story en général.

Écrit par Epicure le 17 mars 2006  |  Tags:

4 commentaires

Raphaël Zacharie de Izarra a écrit, le 17 mars 2006

L’AMOUR

On vous dira que l’amour est enfant de Bohème, aveugle, sot, éclatant, qu’il est bleu, rose ou verdâtre… Qu’il ressemble à un oiseau blessé, qu’il est solennel comme une porte de cathédrale, qu’il brûle, empoisonne, apaise, irrite… On vous dira même qu’il durcit les coeurs. Vous serez mollement convaincus et oublierez bien vite ces fadaises.

Moi je vous dis que l’Amour, l’Amour, le vrai, l’unique, le beau, le tendre, l’inouï, l’indéfinissable n’est pas une étoile, pas un chemin perdu, pas une musique. Il n’est ni de marbre ni de bois.

L’Amour court sur les toits, plonge dans les gouttières, se répand dans les fosses, s’y vautre, s’évapore jusqu’aux nues, redescend en chute libre, s’écrase contre la gueule des loups, remonte aussi vite au-dessus nos têtes, retombe sous forme de flocons, s’immisce dans nos cous, s’égare dans nos cheveux, se transforme en particules infiniment ténues, revient et s’abat comme une grosse vague salée dont l’écume dévaste tout, n’épargnant que les rats.

L’amour n’est pas un chien galeux, pas un cygne errant, pas un libellule aux ailes d’argent. Il n’est ni à droite ni à gauche, ni devant ni derrière. Il glisse comme une ombre, se fait oublier à chaque heure qui passe, sursaute avant midi, colle aux semelles, s’en échappe par les trous, fuit de tous côtés, vole au secours des bien-portants. Déroutant, il s’arrange pour se faire réveiller à dates fixes. Prévisible, il sonne comme une cloche fêlé.

L’amour n’est pas une histoire à dormir dans un lit, pas un roman à l’eau-de-vie, pas un poème acide. Il n’est ni blanc, ni gris, ni jaune. L’Amour est un citron peu pressé, une terre battue en neige, c’est une coquille dans un livre qui sert de cale. Il monte quand il faut monter, descend quand il faut descendre, tourne quand il ne faut pas tourner. L’Amour est un âne, une barrique, une bourrasque inique, une barricade “ânesque”. Têtu, il transpire à grosses gouttes.

Car enfin l’Amour finit toujours par revenir courir sur les toits, quels que soient ses masques : issu des nuages il recouvre tout, imprègne tout en formant d’inutiles tourbillons que personne ne verra jamais. Invariablement il surgit en geysers minuscules, reprend le chemin des gouttières, retourne à ses fosses pour le seul plaisir de les féconder avant de s’en extraire et lentement grimper jusqu’à son firmament de brumes et d’azur.

Arroser les toits, mouiller les hommes, humecter l’herbe, baver sur le monde, envelopper de brouillard têtes et espaces vitaux, laver les peaux, noyer la planète, tel est le mystère diluvien et infini de l’Amour.

Raphaël Zacharie de Izarra

raphael.de-izarra@wanadoo.fr
2, Escalier de la Grande Poterne
72000 Le Mans
FRANCE
Téléphone : 02 43 80 42 98
Freebox : 08 70 35 86 22

Burp a écrit, le 17 mars 2006

De kecé??

Ben a écrit, le 17 mars 2006

C’est pas comme le film “L’expérience” ca?

Epicure a écrit, le 18 mars 2006

C’est vrai ça Ben! Son inspiration doit sûrement aussi venir de ce film-là. Quel film d’ailleurs!

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Burp