Vues sur l'actualité et la scène culturelle
De Québec, du Québec et d'ailleurs.
Enfin Holden

Vous allez être contents, je vais arrêter de vous casser les oreilles avec Holden! C’est fait. Vu, entendu et chaudement applaudi. Commençons d’abord par un petit rewind plus tôt dans la journée…
Chaleur intense, soleil à son plus fort, on file gaiement vers Place d’Youville pour ne pas manquer Konono no.1 à 16hre. Les échos de la visite de ce groupe congolais au Festival de Jazz ont été positifs dans La Presse, c’est donc le pied léger qu’on se faufille à travers les nombreux flâneurs sur St-Jean. Arrêt au Panetier Baluchon (pas de lien - désolée pour les gourmands) en prévision de notre pique-nique sur les marches du Palais Montcalm tout près de la scène, comme l’a déjà dit un grand (sic) politicien : «Nous sommes prêts».
Pratiquement au même moment où le groupe entre en scène, de gros nuages noirs enveloppent le bout de ciel au dessus de notre tête. Bah, on en a vu d’autres. Toute la semaine on nous a en vain annoncé une pluie qui n’est jamais venue… Comme pour conjurer le mauvais sort, QUI a oublié de mettre le parapluie dans le sac à dos? QUI à la dernière seconde a choisi le «polar» au détriment du coupe-vent imper? Bien oui, la madame elle-même en personne! 20 minutes à peine de rythmes congolais et ça y est, de grosses gouttes se déversent en trombe sur nos têtes. On fait contre mauvaise température bonne idée, on se tape un sprint vers le Chantauteuil pour attendre la fin de l’orage devant un apéro.
Retour devant la scène quelques 30 minutes plus tard pour voir la dernière partie des Konono no.1 qui s’en donnent encore à coeur joie devant la foule revenue au bercail. Verdict? Intéressant, mais comme je ne suis pas le public cible de ce type de musique je finis par me lasser. Pièces sur le même beat pendant 10-15 minutes, agrémentées de variations (percussions, voix, sifflet) qui se manifestent aux 2-3 minutes environ. Pas tout à fait scientifique comme description, mais ça illustre bien ma perception du peu que j’ai pu entendre. J’ai tapé du pied tout le long, mais j’étais moins «dedans» que la douzaine de danseurs aux pieds nus en transe devant la scène.
Il reste 1h30 avant Holden, le temps d’une promenade avant de confortablement s’installer pour bouffer. Surprise! Les C***** de gros nuages sont de retour et avec eux la pluie qui cette fois-là semble déterminée à ne jamais cesser de tomber. F***! Là c’est moins drôle, faut trouver une place pour manger notre lunch et on n’a pas l’intention de squatter tous les bars du quartier en attendant que la pluie daigne se taire. On se met à l’abri en jonglant avec l’idée d’un retour hâtif au foyer, mais les gouttelettes s’espaçant nous encouragent à persévérer. Une demie heure avant le spectacle, bravant la pluie fine qui continue de nous narguer, on s’assied en solitaires sur des sacs en plastiques soigneusement étendus sur les marches détrempées du Palais Montcalm.
Finalement la pluie cesse, on réussit à manger et c’est enfin l’heure d’Holden. L’eau ayant définitivement fait fuir les spectateurs potentiels, ils devront se contenter d’un auditoire clairsemé pour leurs premiers accords. Nous on décide de s’approcher à deux pas de la scène pour les encourager, rapidement rejoint par les promeneurs attirés par ces mélodies suaves. Je n’ai pas été déçue, que non! Notre position géographique n’était pas parfaite pour une sono optimale, mais le plaisir d’être tout près compensait largement. Madame (Armelle Pioline - voix et guitare) est accompagnée par 4 charmants jolis garçons, ce qui ne nuit nullement au spectacle. Tous les must de Chevrotine y passent : Madrid, Ce que je suis, Comme une fille et même L’orage (quelle ironie!) pour laquelle le clavieriste remplace Jean-Louis Murat qui sur l’album s’exécute en duo avec Armelle. On a également droit à quelques inédits qui laissent espérer que leurs premiers albums deviennent eux aussi disponibles au Canada.
Rien de révolutionnaire je le consède, mais de la pop de qualité musicalement comme vocalement. L’endroit n’est probablement pas idéal non plus pour savourer ce type de musique, mais malgré les fluctuations de la météo (eh oui! quelques gouttes ont effectué un bref retour vers la fin du show!) les quelques braves du début se sont graduellement transformés en un respectable groupe de spectateurs enchantés. Pour la prochaine fois je rêve à un truc du genre Clarendon, assise dans une salle feutrée, un drink à la main, les yeux mi-clos et la tête qui dodeline doucement sur leur musique.
Trève de rêveries, nos airs de chiens mouillés et le temps incertain nous ont convaincus de passer outre la grosse soirée de rock progressif enrobée d’explosions multicolores qui s’annonçait sur les Plaines. Messieurs de Yes excusez-nous, on louera plutôt le DVD.

Denissss a écrit, le 16 juillet 2006
Selon le directeur des communications du festival Claude Doré, il ne devrait pas y avoir de DVD car le show d’hier n’avait pas pour but l’enregistrement d’un DVD. Filmer les effets de feux, lumières, etc.. sont trop difficile à mettre à l’écran pour avoir un effet optimal. Donc nous avons assisté à cette générale et j’en suis très content.