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De Québec, du Québec et d'ailleurs.
Jacky Terrasson au Palais Montcalm

Gros soir.
Jacky Terrasson, pianiste hors pair de la scène jazz mondiale débarquait à Québec dans le somptueux Palais Montcalm complètement remis à neuf. Non mais quelle salle les copains. Acoustique parfaite, excellente vue de partout, décor somptueux, le bonheur. Trouvez-y vous un concert, ça presse!
Jacky donc. Je ne le connaissais que de réputation : il a accompagné Diane Reeves, Dee Dee Bridgewater, Ry Cooder entre autre. Cette fois-ci, c’est lui qu’on accompagnait ce soir. Et de mains de maître : celles du contrebassiste Doug Weiss et du légendaire batteur Al Foster (qui a quand même joué plusieurs années avec Miles Davis). Le mot qui reste en tête, une heure après le spectacle, est virtuosité. Terrasson est assez hallucinant à voir aller. Capable d’envolées spectaculaires en martelant son piano sans pitié, il est aussi efficace dans les moments très doux, où il effleure à peine les touches. Ça donne des pièces multi-teintes qui laissent toute la place au savoir-faire des interprètes. Terrasson dirige la circulation avec un plaisir immense. Le voir sourire pendant les solos de ses collègues en témoigne. Le vieux Foster, sosie de Bill Cosby (selon Épicure, qui n’a pas tort), a lui aussi souri à pleines dents toute la soirée. Son jeu était fascinant. À la fois débridé et extrêmement précis. Le bonhomme a du métier et ça paraissait. Terrasson et Weiss semblaient vraiment impressionnés de jouer sur la même scène que lui.
Le jazz est une musique fantastique. Elle est parfois difficile à saisir mais s’y abandonner c’est aussi s’exposer à des moments de grâce. Jacky et ses potes en ont donné un super exemple ce soir. Les voir triper dans leur petite bulle valait le prix d’entrée à lui seul. Et leur maestria a fait le reste.
Vraiment, un gros soir.
