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Burp Karkwatson au Grand théâtre de Québec

Karkwa

Je m’attendais à un spectacle échevelé mais passionnant ce soir. Je m’attendais de voir neuf gars s’éclater complètement et cracher leur créativité à la face de ceux et celles qui s’attendaient à chanter "Pili-pili" en choeur ou brandir le briquet sur "Closer to Paradise".

J’ai eu tort. Karkwatson est allé encore plus loin.

Karkwa et la gang à Patrick Watson ont donné un spectacle sans compromis et imprévisible au point de garder l’auditoire sur le bout de son siège toute la soirée. Les gars ont donné le ton dès la première pièce,  "Solstice", la merveilleuse chanson de Karkwa qui rend à la fin un bref hommage au compositeur minimaliste Steve Reich avec un riff au piano qui rappelle certains passages de "Music For 18 Musicians" de Reich. L’influence reichienne s’est d’ailleurs fortement fait sentir sur les deux (longues) pièces suivantes. On a su alors que le nonet allait solliciter nos oreilles ainsi que les neurones entre les deux pour les 90 minutes suivantes. À voir les gars triper et se pencher sur leur instrument comme si leurs viscères servait à moduler chaque note, je me croyais parfois à une messe post-rock à la Godspeed You Black Emperor. Intense, je vous dis.

J’avoue que les pièces de Karkwa ont fait meilleur effet que celles de Watson. Ce dernier fait dans l’atmosphérique et le psychédélique, tandis que Karkwa live cogne très fort. Entre autres, "Le compteur", chanté en rappel, m’a complètement soufflé.

Justement, le collectif a fait au rappel une belle surprise à la foule en se réunissant en haut dans une section des corbeilles pour chanter sans amplification le désormais classique "Man Under The Sea" que Patrick Watson a l’habitude de chanter a capella pour terminer ses spectacles. Ça fait toujours son petit effet. Après une dernière séance de déconnage et de serrage dans les bras, tout le monde est reparti heureux. Je parle des musiciens, bien sûr. Car dans la salle, il y a sûrement eu des gens perplexes un peu surpris de ce qui venait de se passer. Moi, j’étais comblé. Car Karkwatson n’a pas fait qu’un tour de chant, il a fait de la musique avec ses chansons.

Montréal, c’est à votre tour en fin de semaine. Manquez pas ça.

Écrit par Burp le 12 juin 2008  |  Tags: ,

6 commentaires

Sophie Descoteaux a écrit, le 13 juin 2008

Pour moi aussi, le show était beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais. J’étais tellement heureuse d’assister à cet événement! (CFD l’a d’ailleurs qualifié d’«historique».)

C’était une symbiose réussie, d’autant plus qu’elle était spontanée et authentique. Ce fut une super soirée!

Patrick Dion a écrit, le 13 juin 2008

Arghhhh, mes attentes sont tellement élevées maintenant que j’ai peur d’être déçu. Pis je me sens poche de connaître une couple de punchs du show. J’aurais pas dû te lire. ;-)

Yvan L. a écrit, le 14 juin 2008

Karkwatson s’inspirant de Steve Reich.
Tu m’étonnes.
Vraiment?

Patrick Dion a écrit, le 16 juin 2008

Je suis sous le charme, vraiment. À un point que même aujourd’hui, deux jours plus tard, je n’ai toujours pas les mots pour décrire ce que j’ai vécu. Je devais me pincer constamment. Je n’avais qu’une envie, c’est que ça ne finisse jamais. Seul bémol, le National qui n’est pas du tout le meilleur endroit pour un tel spectacle. Trop petit anyway. Mais ça devait être infernal à Québec. Le petit Champlain devait avoir des allures microscopiques!

Mais quelle merveilleuse initiative de Jim Corcoran! J’en demande encore. D’ailleurs, semblerait qu’un album live pourrait en résulter. Je croise mes doigts.

Burp a écrit, le 16 juin 2008

@ Patrick : le spectacle à Québec avait lieu au Grand théâtre. Je ne crois pas que le Petit Champlain aurait survécu à pareil mur sonore!! Je me disais justement qu’un album live serait de mise.

Burp : Karkwa, Spaced et Véronique a écrit, le 14 août 2008

[…] 5 chansons, une trentaine de minutes top chrono. Quel 30 minutes cependant! Après l’épisode Karkwatson, c’était la première fois que nous pouvions entendre « en live » des extraits de […]

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