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Burp La chute de la CIA

La chute de la CIA

Le cinéma va fréquemment influencer mes lectures. Par exemple, j’ai acheté J’ai serré la main du diable après avoir vu Hotel Rwanda. J’ai aussi voulu en savoir plus sur les théories de conspirations sur la mort de John F. Kennedy à la suite de JFK, l’excellent film d’Oliver Stone. Ayant vu et adoré Syriana, et ayant lu au générique que le film était librement inspiré du livre La chute de la CIA de Robert Baer,  je voulais en savoir davantage sur les magouilles des lobbys du pétrole ainsi que sur l’évolution des relations occident-proche-orient à l’ère du terrorisme. Baer a baigné dans cette sauce pendant 25 ans à la Direction des opérations de la CIA en tant qu’agent sur le terrain avant de prendre sa retraite à la fin des années 90.

Tout d’abord, si vous achetez ce livre pour en savoir plus sur l’histoire de Syriana ou pour éclaircir certains points nébuleux du scénario, vous allez être déçu. Baer ne fait qu’effleurer le sujet dans les 50 dernières pages et on comprend alors que Syriana est en fait une syntthèse de la (triste) réalité qui prévaut à l’heure actuelle. Ce livre est plutôt une autobiographie de Baer et de son cheminement au cours de ses 25 ans à la CIA.

L’auteur semble avoir écrit son livre les dents serrées. On sent la frustration qui l’étreint lorsqu’il décrit ses aventures pour le compte d’une organisation qui a graduellement abandonné ses agents sur le terrain. La CIA ne serait aujourd’hui qu’une bande de bureaucrates beaucoup plus préoccupée à préserver les relations économiques des grandes corporations qu’à combattre ses ennemis. Ça, on commençait à s’en douter. Il n’en fut pas toujours ainsi, pusiqu’à son arrivée à la CIA dans les années 70, Baer a subi un entraînement militaire à toute épreuve pour se préparer à la vie d’un agent constamment en danger. Il est tout de même fascinant de lire comment Baer a su composer avec les criminels internationaux les plus dangereux dans ses missions au Liban, en Iran et en Arabie Saoudite. Une constante se dégage de son cheminement : à chaque fois que Baer demandait l’aide de ses patrons lorsqu’il préparait un gros coup pour épingler une tête dirigeante d’une cellule terroriste ou un dictateur, la CIA lui demandait de faire marche arrière. Cette politique de l’autruche a, selon l’auteur, pesé lourd dans l’évolution du terrorisme international, qui a culminé le 11 septembre 2001.

La chute de la CIA se lit comme un roman d’espionnage. J’aurais aimé en savoir plus sur l’histoire et la politique internationale car les références à des personnages ou événements passés sont nombreuses, mais cela n’a que très peu gâché mon plaisir.

Écrit par Burp le 26 février 2006  |  Tags:

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