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La vie en rose

Éditorial de filles aujourd’hui. Pour les fois que ça arrive, je ne me gênerai surtout pas! ;-) En fait, je suis de cette génération que l’épithète féministe indisposait. Ces luttes Hommes-Femmes ne sont pas plutôt l’apanage des babyboomers? Que ce soit à l’université ou sur le marché du travail, je n’ai jamais été confrontée à une guerre des sexes où la soi-disant suprématie mâle prenait toute la place! Jamais? Euh….
Comment oublier ce 6 décembre au Village. Ce local étuduant de l’UQAM où Burp (déjà !), un copain et moi éberlués avons appris ce qui ce passait au même moment dans l’autre université francophone de Montréal. Ce drame de la Polytechnique démontrait d’une façon sanglante que les combats de nos aînées n’étaient pas finis. En tuant des femmes qui avaient choisi de faire carrière dans un métier non-traditionnel, le message était clair. Pourtant pratiquement d’une seule voix, les étudiantes survivantes ont rejeté l’étiquette de féministes. Pour une fille au tout début de la vingtaine en cette fin de la décennie 80, ce terme équivalait à une époque révolue et pas question d’y être associé.
Aujourd’hui après plus de 15 ans, mon regard est tout autre. La sagesse peut-être? ;-) Cette réfléxion sur ce sujet me vient alors que je me suis plongé dans la lecture de La Vie En Rose. Ce magazine féministe dont la publication a cessé en 1986, fête ses 25 ans avec un numéro hors série en posant un regard sur ce que ses journalistes ont dit à l’époque, ce qu’elles ont pensé des événements (dont la Polytechnique) qui se sont passés depuis 1986, et sur ce qui les préoccupent aujourd’hui. Elle se sont adjointes des recrues qui représentent une nouvelle génération, et ça forme un tout qui se lit pratiquement d’une traite d’un bout à l’autre. Quel plaisir! J’avoue fièrement découvrir que je suis une féministe qui s’ignorait, et je remercie bien bas celles qui ont toujours tenu le flambeau.
