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Epicure Lectures, retour à la programmation normale

J’ai un peu insisté ici sur ma non-connexion avec le roman, Le temps où nous chantions. Je ne reviendrai pas trop là-dessus sauf qu’à chaque fois que je me résigne à abandonner un livre, on dirait que je crains d’avoir de la difficulté à embarquer à nouveau dans une autre histoire, un autre univers. Pfff, pas de panique! Cette semaine j’ai poussé ma luck en plongeant dans 2 livres plutôt qu’un.

Mon pélerinage à la bibliothèque accompagnée de mon éternelle liste infinie, s’est soldée par entre autres l’emprunt de Ce n’est pas une façon de dire adieu, de l’auteure québécoise Stéfani Meunier. J’y reviendrai en détails un peu plus loin.

Le vrai monde

Même si le début de CNPUFDDA était prometteur, j’ai eu le malheur de regarder On fait tous du showbusiness qui recevait Michel Tremblay pour son plus récent roman La traversée du continent, en plus de faire la critique de sa pièce Le vrai monde?, présentée chez Jean Duceppe (en tournée au Québec en 2008).

Michel Tremblay je l’aime d’amour! Un amour très chaste j’avoue, mais du vrai amour quand même! J’avais lu sa pièce jadis, mes premiers pas dans le monde de Tremblay, dans le temps où mon âge commençait à peine par un 2. Gros choc. Dur, noir, dérangeant mais tellement bon! Bref, dimanche j’ai couru fouiller dans notre bibliothèque personnelle pour mettre la main dessus, et je l’ai relu presque d’une traite. Toujours aussi dur, noir, dérangeant et tellement bon!

La vision d’un écrivain sur son milieu, son regard personnel sur sa propre famille. Sa transposition de la réalité, sa réalité, vers la fiction. On retrouve chaque personnage (père, mère, soeur) en version réelle et en version fictive. On confronte les souvenirs des uns et des autres, on dénonce les silences, les absences, les secrets. Quelle est la part de vérité? Difficile de juger, tout est question de perception. Lecture rapide, mais qui hante longtemps.

Ce n'est pas une façon de dire adieu

Sitôt Tremblay terminé, retour vers Ce n’est pas une façon de dire adieu. Je n’avais jamais lue cette auteure, mais me souvenais d’avoir entendu et lu de bons commentaires sur ce dernier roman et je n’ai pas été déçue.

L’histoire se déroule principalement à New York dans les années 70. En alternance Ralf, Sean et Héloise, les 3 protagonistes, nous racontent leur récit. On y parle d’amitié, d’amour, de solitude. La musique prend aussi beaucoup de place, Sean fait partie d’un groupe et les Beatles rôdent souvent dans l’univers des personnages.

Stéfani Meunier sait comment raconter une histoire. Les transitions d’une tranche de vie à l’autre se suivent d’un bon rythme sans brusquer le lecteur. Elle sait garder l’intérêt et on la sent sensible à l’évolution des sentiments de ses personnages. Le tout coulait de source pour moi, en fait jusqu’à la page 207 (il y a 213 pages au roman) où il y a une bifurcation dans le récit qui, selon moi, ne tient plus la route. Si je me base sur les 206 premières pages, la logique voudrait que l’histoire aille dans la direction X alors qu’elle s’en va plutôt dans la direction contraire. Ça m’a déçue et fait un peu décrocher mais ça n’a quand même pas nuit à mon appréciation générale, un bon roman bien écrit qui donne le goût de suivre cette écrivaine. Fort prometteur.

Écrit par Epicure le 17 novembre 2007  |  Tags:

2 commentaires

Éliane a écrit, le 21 novembre 2007

Chère Épicure,

J’espère que ta boulimie paye… J’ai aussi quelques déboires avec le roman ces derniers temps: pour ne pas le mettre sur la pile (avec promesse de retour dans les 6 mois…!), faut vraiment que ce soit quelque chose.

Pour que je me retienne d’aller au salon du Livre parce que j’ai trop de retard de lecture, c’est que l’heure est grave…

Epicure a écrit, le 21 novembre 2007

Pauvre Éliane, ces passages à vide littéraires sont toujours passablement déprimants… Faut pas hésiter à remettre un roman sur la pile, même si on le sait très bien que l’hypothétique retour dans les 6 mois c’est bien souvent une promesse d’ivrogne! ;-)

Je semble être de retour dans la bonne voie, “Une situation légèrement délicate” n’est pas un roman qui révolutionnera le genre, mais ça fait sourire et surtout ça se lit bien. J’avais besoin de ça.

Bonne chance dans ton processus, je compatis!

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