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Epicure Ma vie en trois actes

Janette

Mon coming out était déjà fait, maintenant c’est consommé. J’ai lu la bio de Janette Bertrand. Ça avait des relents de lecture de «madame», cependant j’avais le goût d’en juger par moi-même.

Tout un personnage la Janette! On a beau en penser ce que l’on voudra, mais elle nous a tous touchés à un moment ou un autre de notre vécu télévisuel. De Quelle Famille à Avec Un Grand A, elle a révolutionné les bonnes moeurs en parlant de sida, d’anorexie, d’homosexualité ou des drogues à M. et Mme Tout-le-monde. C’est un des intérêts du livre d’ailleurs, pouvoir juger à quel point elle était à l’avant-garde en voulant traiter de tous ces sujets qui nous semblent à la limite banals aujourd’hui.

Malgré ce constat de précurseur, Janette était loin d’être la défonceuse de porte que l’on aurait pu croire, et de là vient mon plus grand irritant à la lecture de son livre. Je comprends très bien qu’il n’était pas évident d’être une femme dans les années 50, 60 et même 70. Toutefois Mme Bertrand presse le citron pas à peu près, elle s’auto-diminue à pleines pages jusqu’à la fin : pas bonne, pas sûre d’elle, pas correcte, niaiseuse, ça ne finit plus… Je peux comprendre qu’elle se soit sentie diminuée dans ce monde où l’homme était maître (ouf, c’est tough écrire ça! ;-) cependant on comprend l’allusion assez tôt dans notre lecture, pas besoin d’en mettre si épais.

Le parallèle constant entre l’historique de la situation féminine et sa propre histoire vient aussi à lasser. Même si on y apprend plein de chose et que certains faits nous mettent de la broue dans le toupet, la formule du «dans ce temps-là le droit de vote des femmes…» ou «à la même époque l’avortement…» brise le rythme du récit.

Dit comme ça, on pourrait penser que je n’ai pas trop aimé «Ma vie en trois actes», mais ce n’est pas le cas. Sans que ce soit péjoratif, je dirais que ça se lit comme un gros article de magazine et avec le même intérêt que pour un bon épisode de Biographie à Canal D.

Écrit par Epicure le 15 février 2006  |  Tags:

5 commentaires

annelune a écrit, le 15 février 2006

Je ne suis pas une fana des biographies. J’aimerais cependant éventuellement (j’ai tant de bouquins dans ma liste “à lire” que je ne sais quand j’y arriverai!) lire des biographies de musiciens jazz. Je sais que ça finira toujours par “et il termina ses jours dans l’enfer de la drogue”, mais bon… ça reste inspirant du côté musical!

Je ne suis pas certaine de vouloir lire le livre de Jeannette… Je pense que j’aurais un peu de mal avec le ton du livre que tu décris… Merci quand même de ta critique! :-)

Burp a écrit, le 16 février 2006

Annelune, je te conseille de débuter ton exploration de bios jazz par Miles, une excellente autobiographie du maître, Miles Davis. Ceux qui disent que les musiciens de jazz sont plus réservés que les rock stars changeront d’avis après cette lecture!

Ben a écrit, le 17 février 2006

Ca pas d’allure être “lifté” de même! Batar!
(scuzez fallais que j’le dise)

Dino a écrit, le 17 février 2006

Merci pour ta revue, c’est appréciée. Pour ce qui est des commentaires négatifs de Mme. Bertrand, mon idée est qu’elle se sentait probablement ainsi, et pour en connaître certaines dames de son âge, c’est aussi une attitude commune de ne pas se sentir à la hauteur, alors ça tourne en rond, c’est un livre où la clientèle visée est probablement assez agée. Elles se reconnaîtront alors dans les propos de Mme. Bertrand. Mais c’est vrai qu’elle a fait avancer les dires tabous de notre génération.

Bonne journée glacée!

Epicure a écrit, le 18 février 2006

B : Ouais, c’est vrai qu’on ne peut faire autrement de penser qu’il y a du bistouri là-dessous… Je n’en ai pas parlé dans mon billet parce que je ne suis pas sûre à 100% qu’elle l’ait fait, mais l’ironie là-dedans c’est qu’elle se fait une fierté de dire dans son bouquin qu’elle a banni les régimes de sa vie, parce qu’elle a décidé d’accepter son corps comme il est. D’où le beau message contradictoire si elle est vraiment liftée!

D : Glacée tu dis! J’pense qu’il fait -50 000 dehors! :-)

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