Vues sur l'actualité et la scène culturelle
De Québec, du Québec et d'ailleurs.
Mariner dans son jus
Entendu ce matin à la radio:
- Chiffre de vente du dernier album de Karkwa : 15 000
- Chiffre de vente de l’abum de covers de Sylvain Cossette : 100 000 et +
Maudit qu’on aime mariner dans notre jus. Pensez-y : on est cent mille à acheter un album de tounes has been chantées par l’ancien leader de Paradox. Et Cossette vient de sortir un vol. II! Difficile de lui en tenir rigueur, le gars fait un max de blé et chante tous les soirs les classiques de sa jeunesse devant 2000 personnes. Tout porte à croire que le 2e sera aussi populaire. Et pourquoi pas un troisième? Et une série sur les années 80? Je vois très bien M. Cossette se crinquer sur "Turn Me Loose" de Loverboy ou "Talk About It" de Belgazou.
Pendant ce temps, Karkwa innove tout en mangeant des grill cheese.
J’ai bien ri à ce passage de la bio de Sylvain Cossette sur son site Web , où il est question du succès du premier album "70s":
Ce nouveau projet s’inscrit dans une longue liste de succès pour ce créateur au sommet de son art.
"Créateur"? "art"? Sacrament…
Véro B a écrit, le 28 octobre 2008
Et dire que Karkwa sont parmi les plus «chanceux» de la scène «émergeante»…
Sir Seb a écrit, le 28 octobre 2008
Eh oui! L’humain moyen (surtout au Québec) aime se bercer dans la nostalgie. C’est certain que ce « hype Cossettien » fût créé de toute pièce par quelques radios commerciales qui ont réussis à laver le cerveau de ses auditeurs ; ces mêmes auditeurs qui se bercent au bureau sur la répétition hypnotique de ces stations, entre autre. Moi-même, lorsque j’ai entendu la version ultra édulcorée de « More Than Feelings », je ne pouvais en croire mes oreilles. Sans même me forcer (parce que Cossette est partout), j’en suis rendu à être neutre (ou résigné) face à ces reprises. Il est bien loin le temps où je suis allé voir Paradoxe au Palace de Arvida…
Tant qu’à moi, égoïste que je suis, je préfère voir Karkwa dans les super petites salles de coin perdu (comme à Ste-Monique au Lac-St-Jean ou à Valleyfield) et les avoir à moi tout seul, que de me retrouver comme à la messe au Centre du Téléphone avec 3000 personnes pour entonner un pâle copie de We Are the Champion.
Tout à coup, j’ai aussi un élan de nostalgie… Y’avait pas déjà la Famille Staunton qui reprenaient les tubes des années 80 il y a 20 ans ? J’ai hâte de voir si Cossette chantera un jour Poutine on the Ritz…
Zig a écrit, le 28 octobre 2008
15 000 disques, ça rapporte combien à un artiste? Ce sont les recette$ de combien de spectacles, ça? J’aime bien l’idée de Misteur Valaire qui ont décidé de donner leur album sur leur site. Lancé il y a un an, cet album gratuit (fort bon d’ailleurs) leur a permis de donner des spectacles partout au Québec depuis et, je crois qu’ils avoisinent les 25 000 téléchargements.
En vente, sans aucune notoriété, ils auraient été chanceux d’en écouler 5 000 exemplaires car ça n’aurait jamais (ou presque) tourné à la radio. À voir mercredi soir le 5 novembre à M pour Musique à Radio-Canada.
Donc, la redéfinition de l’accès à la musique, est-ce un peu ça de nos jours? Est-ce là la tendance à maintenir? Se payer à travers nos concerts? Et pour enrayer l’appropriation éhonté des vieux classiques comme se permet Sylvain Cossette, les droits “d’utilisation” de ces chansons devraient être assez onéreuses pour obliger l’artiste à débourser de fortes sommes s’il ne veut pas se donner la peine de composer quoique ce soit.

Renart L'éveillé a écrit, le 28 octobre 2008
Juste comme ça, 100 000 de 7 millions ça donne un timide 1.42%…
Eh oui, la définition de l’art et de la création est tellement élastique…