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De Québec, du Québec et d'ailleurs.
Sicko

Avec tout nouveau film de Michael Moore vient l’inévitable controverse : le gars est riche à craquer mais fait son défenseur des pauvres et opprimés… il tourne les coins ronds… il manipule la vérité pour des fins dramatiques… et blah et blah.
Ben ceux et celles qui carburent à ces arguments depuis que Moore brasse de la grosse merde à Washington seront rassurés d’apprendre que tout cela est encore vrai dans le cas de Sicko, le nouveau pamphlet du sympathique joufflu caloté. Sauf que Moore ne tente plus de cacher les excès et les inexactitudes de son oeuvre. Il répond à ses détracteurs en leur expliquant qu’il faut parfois jouer sur les extrêmes pour faire passer un message plus subtil.
En tout cas, si le message ne passe pas dans Sicko, il ne passera jamais. Moore tombe à bras raccourcis dans le système (privé à 100%) de santé aux États-Unis en nous montrant des exemples-chocs de ce qui ne va pas dans un système corrompu par l’argent et la politicaillerie crasse. Comme je m’y attendais, on y voit des entrevues avec des mères de famille qui ont perdu leurs enfants parce qu’elles n’étaient pas assurées, des gens bien nantis au préalable qui, d’un coup, perdent tout après que la maladie a frappé et que les compagnies d’assurances eurent décidé de ne pas payer, etc. Sauf que voir ces gens complètement démunis touchent directement au coeur et on ne peut qu’être révoltés face à ce système déconnecté de la réalité où l’être humain y trouve son compte en autant qu’il en ait les moyens, ou la chance. It’s the american way, ç’a l’air.
Encore une fois, Moore a remis son costume de gros Américain mal habillé, sloppy, mains dans les poches, de ceux que l’on croise aux dix secondes dans les campings publics. Il arbore le look et la voix d’une génération, d’un groupe d’individus de plus en plus nombreux qui voient l’injustice, pose les bonnes questions et exige les vraies réponses. Comme il l’a fait pour Roger & Me, Bowling For Columbine et Farenheit 9/11, le réalisateur trouve le moyen de faire sourire tout en nous montrant l’horreur de son propos, ce qui rend l’expérience non seulement enrichissante, mais fort agréable. À ce titre, Sicko est à mon avis son meilleur film, à la fois le plus percutant et le plus efficace.
Vous pouvez haïr Michael Moore, le prendre pour un “gros lard pas de classe” (comme j’ai déjà entendu dans une conversation de bureau) ou ne pas être d’accord avec tout ce qu’il dit, mais à mon avis vous feriez une erreur en n’allant pas voir Sicko. Il s’agit d’un autre film important dans l’oeuvre d’un cinéaste qui l’est tout autant.










