Vues sur l'actualité et la scène culturelle

De Québec, du Québec et d'ailleurs.

Burp State of Fear

State of Fear

L’année littéraire 2005 fut probablement la pire de mon existence. Je crois que j’ai lu 3 ou 4 livres, bien que j’en ai commencé 7 ou 8. Ou 9 ou 10.

Heureusement, je savais que Michael Crichton allait améliorer ma moyenne au bâton. Je dévore ses livres depuis une douzaine d’années et chaque nouvel arrivage est un événement en soi. Si vous ne connaissez pas cet écrivain, sachez qu’il se spécialise dans le thriller scientifique, pour ne pas dire le thriller d’anticipation. Crichton est un médecin de formation passionné de la science sous toutes ses formes. Ses livres sont toujours précédés d’une intensive et exhaustive recherche et il choisit ses sujets en fonction des plus récentes découvertes en la matière. Par exemple, son dernier roman, Prey, traitait (avec plus ou moins de succès) de nanotechnologie. Crichton profite également toujours de ses romans pour étaler son point de vue sur le sujet, quitte à ajouter une postface où il élabore davantage, mais en son nom.

Pour State of Fear, Crichton a choisi le réchauffement de la planète comme moteur d’intrigue. J’ai été assez peu intéressé par cette dernière, qui est plutôt banale et très peu vraisemblable. En fait, aux deux tiers du livre, je me suis dit que c’était son pire roman. Mais la fin m’a reconcilié avec le livre car c’est là que Crichton pousse l’essentiel de son argumentation : le réchauffement planétaire est indéniable, mais il sert également fort bien les chefs d’état et les médias à entretenir le culte de la peur - state of fear - chez les peuples (9/11 anyone?). L’auteur s’applique en même temps à tempérer les effets possibles du réchauffement par rapport à ce qui est annoncé en grandes pompes depuis quelques années. Autrement dit, la planète se réchauffe peut-être, mais très lentement et les conséquences de ce réchauffement ne sont pas si alarmantes qu’on le dit. Dans sa postface, Crichton avance qu’il est important de s’informer via des sources plus “officielles” que les médias de masse et de toujours regarder le “big picture”, qu’il est facile de ne focuser que sur un seul aspect alors que d’autres facteurs au moins tout aussi dramatiques influencent la vie sur notre Terre.

Les médias et la communauté scientifique ont planté l’auteur lors de la sortie du livre l’an dernier. Il est vrai que Crichton n’a pas la crédibilité voulue pour réfuter des théories que plusieurs spécialistes soutiennent depuis longtemps. Moi, je ne vois pas State of Fear comme un document scientifique. Je vois plutôt le point de vue d’un “shit-stirrer” qui comprend somme toute la game qui se joue entre les détenteurs du pouvoir, les lobbyistes dit “environnementaux” et le monde scientifique.

Écrit par Burp le 4 janvier 2006  |  Tags:

5 commentaires

fred a écrit, le 6 janvier 2006

salut
ta critique m’a intéressé je suis aussi un fan de crichton j’ai une petite question sais tu si ce livre va être traduit en Français et si oui pour quand est ce prévu

merci salut

Burp a écrit, le 6 janvier 2006

Tous les livres de Crichton ont été traduits en français. Généralement, la traduction suit de près la sortie du livre de poche anglais. Donc, ça ne devrait pas tarder.

ZiG a écrit, le 7 janvier 2006

Salut Fred, ce livre de Crichton est disponible en version française depuis le 3 janvier 2006 sous le titre “Etat d’urgence”. Tu peux le retrouver sur http://www.amazon.ca... et j’imagine chez Archambault, Renaud-Bray, Wal-Mart… ooops ! J’ai dis Wal-Mart ? :-P

Tom a écrit, le 12 janvier 2006

J’ai lu State of Fear en fan des romans de Crichton. Je dois dire qu’en ce jour de sortie française du livre, les commentaires radiophoniques me donnent le vertige : personne n’aurait-il lu ce livre jusqu’au bout? Je rappelle qu’il est un plaidoyer pour la modernisation du mode de financement et de conduite des organismes environnementaux. Il ne fait aucunement l’apologie de la politique américaine Kyotoesque (qui a dit grotesque?). Il rappelle simplement qu’à la vue des chiffres OFFICIELS, la seule que nous (ainsi que les scientifiques) pouvons dire que nous savons sur le climat et la climatologie, est que nous ne savons rien, qu’on ne peut rien prédire, qu’on ne connaît pas notre degré de participation aux processus de changements climatiques (inhérents à notre planète avant et après l’être humain).

Donc, s’il vous plaît Messieurs, Dames les commentateurs, journalistes, etc., lisez les livres, et faites l’effort de les comprendre.

Burp a écrit, le 12 janvier 2006

Le problème avec le roman, Tom, est que les 500 premières pages semblent supporter la théorie que le réchauffement de la planète et autres grandes causes qui font les choux gras des lobbyistes dits environnementaux et des médias n’est que supercherie alors que Crichton ne nuance son propos qu’à la toute fin. Fallait s’y attendre.

Envoyer un commentaire




Burp
 


chfelee