Vues sur l'actualité et la scène culturelle
De Québec, du Québec et d'ailleurs.
Tossers, Fishbone, Tryo, Hammerfall, Eleni
Michael Jordan a joué au basketball et au baseball professionnel la même année; Madonna enchaîne films poches et bons disques; Astérix peut clencher 25 Romains d’un seul uppercut et Lucky Luke se fait les quatre Dalton avant de chiâler qu’il est pauvre, tout seul et loin de la maison.
Moi, j’ai vu six shows ce soir.
(Je sais, intro un peu pénible. Grosse semaine, grosse soirée. Les glitchs d’inspiration sont plus fréquents dans ces cas-là.)
Faque on s’est tapé les quatre principaux sites du festival en un peu plus de quatre heures. Je récapitule :
18h15 : arrivée à la Place Métro où les Tossers sévissent depuis 45 minutes. Difficile à croire qu’ils proviennent de Chicago, ça sonne rock celtique à l’os. Les comparaisons avec les Pogues sont bel et bien fondées. Assez énergique (malgré la stoïcité des musiciens) mais pas ma tasse de thé. On va se chercher un sandwich, Epicure?
18h55 : de retour de chez Paillard, sandwich poulet Chipotli sous le bras. Les Tossers terminent leur spectacle sous les applaudissements polis d’une Place Métro encore pas tout à fait dedans. On s’installe à une table au fond en attendant Fishbone.
19h30 : Angelo Moore, leader de Fishbone depuis ses débuts il y a 28 ans, apparaît sur scène dans un flamboyant complet, chapeau à la The Mask et saxophone à la bouche. Après des débuts modestes, le groupe prend son envol avec une suite de morceaux tantôt ska, tantôt funk (les meilleurs, à mon avis), tantôt punk. Moore est complètement déchaîné. Il n’hésite pas à descendre dans la foule à plusieurs reprises et à nous faire chanter. À partir de la cinquième chanson, il ne restera de son complet que son pantalon et ses bretelles. Pas mal du tout pour un groupe de cet âge. L’énergie qu’il dégage ferait mourir d’envie plein de jeunes groupes qui attendent toujours qu’opère la magie. Un bon show, malgré ma totale ignorance du répertoire de Fishbone.
20h57 : direction les Plaines en passant par le Pigeonnier où une forte concentration de poils se sont rassemblés pour la soirée métal du festival. On arrive à temps pour entendre les dernières mesures de la prestation de Forgotten Tales, nos héros métallurgiques locaux. Déjà, le Pigeonnier est rempli à 90% et la foule semble avoir beaucoup apprécié. Probablement le plus gros show de la carrière de ce groupe à date. Bon, on va voir Tryo?
21h10 : on passe derrière la scène sur des Plaines remplies à craquer (ça craques-tu des plaines?). On entend la foule qui explose. Les gars de Tryo viennent sûrement de se pointer. Pardonnez-moi, mais je connais Tryo comme je maîtrise le maniement du bazooka. Heureusement, ce n’est pas le cas pour les quelque 50 000 autres personnes présentes qui chantent chacune des pièces. Le leader, Christophe Mali, ne croit pas ce qu’il voit et entend. Il nous dit au moins à deux reprises que ce spectacle est le plus gros de leur carrière. La musique est franchement bonne mais vu l’heure tardive de notre arrivée, nous nous retrouvons plutôt loin de la scène. Difficile d’apprécier pleinement. Et y a Eleni à l’Imperial… ç’a pas de bon sens de pas y aller, comme dirait l’autre.
21h45 : petit arrêt au Pigeonnier pour prendre quelques photos des Suédois d’Hammerfall, vieux routiers de la scène power metal mélodique. On n’y est que pour 3 ou 4 minutes, assez longtemps en tout cas pour noter tous les clichés inhérents au genre : poings en l’air, signes du “déveul” bien brandi, les guitares qui font des “gue-gue-gue” et un chanteur avantageusement velu qui chante l’héroisme du guerrier. J’ai eu des flashbacks de mes soirées mémorables au Colisée dans les années 80 avec Maiden, Dio et Motley Crue. Hammerfall n’a visiblement pas révolutionné le genre, mais la foule semble triper et c’est bien ça l’important.
22h15 : dernier arrêt à l’Impérial pour y voir Eleni Mandell, la nouvelle sensation de la chanson country-folk torchère. Epicure me dit à l’oreille que Philippe Renaud de La Presse l’a comparée à Cat Power. Difficile de le contredire. Eleni nous a tous mis dans sa poche arrière avec ses mélodies langoureuses, ses atmosphères feutrées et sa voix chaude. La madame ne bouge pas beaucoup et ne regarde pas grand chose d’autre que les cordes de sa guitare mais le charme opère tout de même, et pas à peu près. Il faut la revoir absolument de façon “officielle”.
00h54 : j’achève ce billet. Jenpeupu. Demain, retour au Pigeonnier pour la soirée électro avec Ariane, Plaster et compagnie. Ça risque de brasser.
En passant, j’ai décrété aujourd’hui que mon album officiel de l’été 2007 était Lever l’Ancre, d’Alfa Rococo. À écouter et ré-écouter, sangria à la bouche.
Note : désolé pour la piètre qualité des photos dans certains cas. Prendre des photos de loin dans la pénombre et sans trépied, c’est pas champion. Photosmax, t’as un truc magique à me conseiller?
Patrick Dion a écrit, le 13 juillet 2007
Haaaa, Fishbone… God que ça groove et défonce. Y a tellement longtemps que je les ai vus “live”. Ça me donne juste le goût de trasher! ;-)
Epicure a écrit, le 14 juillet 2007
Je repète ici ce que j’ai glissé à l’oreille de Burp après une pièce particulièrement déchaînée de Fishbone, « On est loin de Tricot Machine! ». ;-)
barb a écrit, le 16 juillet 2007
Ouf, Tricot Machine, je les ai vu sur les Plaines (en attendant La Rue Kétanou). Je les trouve pas mal bof.
Et Eleni Mandell est génial ! Je la suis depuis des années. Je viens d’acheter son dernier disque, c’est mon quatrième d’elle et il est encore différent des autres. J’aime des musiciens qui me surprennent encore après des année.
Epicure a écrit, le 16 juillet 2007
En spectacle Eleni Mandell est encore meilleure que sur disque. Malgré qu’elle peut sembler froide car elle s’adresse rarement à la foule (du moins la partie de show qu’on a vu) ses chansons sonnent vraiment comme de la comfort-music, un country-folk très réconfortant. Parmi nos préférés du Festival cette année.










photosmax a écrit, le 13 juillet 2007
T’as pris de très bonnes photos compte tenu des circonstances. Ce n’est pas évident de réussir de bonnes images dans la noirceur et à grande distance de la scène. Le seul truc magique dans mon baluchon c’est le monopod. Ça se transporte bien et ça donne de meilleures chances de réussite !