Vues sur l'actualité et la scène culturelle
De Québec, du Québec et d'ailleurs.
Tricot Machine

Ok je ne suis peut-être plus trop d’actualité, mais à cause de 36 milles pas bonnes raisons j’ai tardé à mettre la main sur cette saveur du mois : l’album éponyme de Tricot Machine. C’est maintenant chose faite et que c’est bon! Quitte à faire cliché, ça sonne frais et ça sent l’été à plein nez. Catherine Leduc et Matthieu Beaumont offrent un album qui est naïf et terre à terre à la fois, avec des textes qui relèvent le défi d’être poétiques malgré le ton qui n’est pas toujours très léger malgré les apparences.
Toujours délicat de jouer au jeu des comparaisons donc je ne m’embarquerai pas là-dedans, d’autant plus que je serais bien embêtée de les comparer avec qui que ce soit… Le seul flash que j’ai eu c’est que la voix de Matthieu sonne parfois comme celle de Guillaume des Vulgaires Machins. Ils chantent en duo ou en solo et ils racontent des histoires qui parlent de couple, d’amour, d’hiver et de tricot. Après quelques écoutes j’ai déjà mes favoris : L’ours, Pas fait en chocolat ou Beau temps mauvais temps. Le genre de pièces qui s’écoutent en auto, les vitres baissées, en chantant un peu trop fort. Je sens que ça va être l’enrobage sonore de ce début de printemps qui valse entre le soleil qui plombe et la pluie qui tombe. La musique québécoise est visiblement en excellente santé!
cfd a écrit, le 12 juillet 2007
Oui, bon, je m’assume, j’étais deuxième rangée en avant. Non, ils n’ont pas fait les 400 marches en rappel (ça aurait été cool).
Catherine avait encore ses airs de passe-partout, mais bon, ça fait parti du charme, elle était vraiment émue de l’énergie de la foule. Matthieu, seul au piano, pour Superman et L’Ambulance ont été mes deux moments forts de la soirée.
L’ambiance était hallucinante à l’avant-scène. Le public effectivement jeune et terre cuite un peu.
Ge a écrit, le 12 juillet 2007
Je serai au show de Tricot Machine en aout aux Francos de Montréal. Je crois que ce sera aussi Formule Band. J’aimerais qu’ils fassent la chanson “les 400 marches”, elle est si jolie!
Jean Heller a écrit, le 31 juillet 2007
Fabrique (de neurones) cousus
Radio-Canada présente un couple de musiciens béats et heureux. D’une mièvrerie affligeante. La fille du duo : une rondelette au regard aussi éveillé qu’un cocker, le type : inconsistant et « cool ». Ils jouent des comptines pour adultes, des merdes sirupeuses qu’on pourrait très bien entendre au Centre de la Petite Enfance « Les angelots bleus ». Et ce truc cartonne. La nana danse avec un ours, gesticule comme une sous Chantal Goya sous anti dépresseurs. C’est « frais », c’est « gentil », c’est niais. « Ca ne mange pas de pain ». Ils font la une de tous les journaux. On pourrait légitimement s’attendre à ce qu’ils se fassent démonter, ils sont encensés par « la critique ». Les paroles et la musique frôlent la bêtise, pour ne pas dire qu’elles l’incarnent en toute beauté. On imagine les couples heureux fredonner dans leur underwear rose bonbon ce sous produit de la connerie universelle. Ce retour inquiétant du mièvre est-il simplement un épiphénomène de l’installation définitive de la « comfort life » ? Après la « comfort food », la « comfort music » dans une vie confortable ? On s’aime, mais pas trop. On vit, mais pas trop. On parle, mais pas trop. On moyennise en toute quiétude. Il paraît que même les « branchés » apprécient. C’est une caution d’ouverture d’esprit ? On écoute du « post rock » dans son IPod, mais on écoute aussi du « gentil » ? On est des connards prétentieux, mais au fond on a bon cœur. Du Crystal Castle en « top friends » sur myspace et la Fabrique (de neurones) cousus. Il n’y a pas que la laine qui se distend avec l’âge. La raison aussi.
Michael a écrit, le 31 juillet 2007
Libération. Quelqu’un a parlé. J’endosse!
Mièvre et niais. Gentil jusqu’au mielleux. On dirait du folklore politiquement correct pour enfants, avec des relents de Cowboys Fringants (et autres altermondialistes/socialistes qui demandent tout de même des émoluments très substantiels pour leurs spectacles)… Juste pour donner un petit air de “nous, en plus d’êtres fins on tient des propos sociaux, mais pas trop, parce que ça deviendrait pas fin!”.
Quand j’entend la pièce “l’ours”, je m’imagine au printemps, avec du pollen qui tombe du ciel, sous un soleil radieux, le bruit d’une rivière en arrière plan, marchant sur un sentier pas trop caillouteux, un oiseau sur l’épaule. Un peu comme dans une annonce de Bounce à fragrance “Soleil d’été”… Ouache.
La Pieuvre a écrit, le 7 août 2007
Hé hé hé… J’ai déjà vécu ces sortes de montées virulentes à l’écoute de certains artistes ou lors de leurs concerts. J’en ai fini par conclure que cet énervassement, cette indignation, était le signe que que l’on avait réussi à éveiller en moi une émotion esthétique (même négative) et que donc c’était forcément à conseiller!
J’ai encore pas lu, vu, ou entendu de commentaire(s) en demi-teinte concernant Tricot Machine. Si vous en trouvez… ;)
Michael a écrit, le 13 septembre 2007
La Pieuvre, n’exagère pas. Quand, en marchant sur le trottoir, je pile par accident dans la fraiche déjection d’un chien, je ressens aussi la “naissance d’une émotion esthétique”. Est-ce pas conséquent à conseiller?
C’est comique comme raisonnement : si on aime, c’est que c’est bon. Si on déteste, c’est aussi que c’est bon. Je suis d’accord que l’indifférence peut aussi être un signe de médiocrité, mais je rappelle que je n’ai pas un conflit de personnalité avec les membres de Tricot Machine. Je les trouve juste terriblement MAUVAIS. Comme dans “pas bons”, “ouache” et/ou “caca boudin”.
Je revendique donc le droit de ne pas les aimer sincèrement, simplement et sans me faire dire que mon indignation me vient de la “naissance d’une émotion esthétique” qui au fond, signifie que je devrais trouver ça bon.
En espérant le tout, madame, conforme à vos attentes.. ;)

Etolane a écrit, le 2 mai 2007
J’ai découvert l’album il y a quelques jours, un vrai coup de coeur…